Inscrite
depuis les deux dernières années au sein de la Ligue scolaire Juvénile AA,
notre équipe de football a connu cet automne une saison fort difficile, mentalement
surtout. La conduite exemplaire dont nos grands athlètes du Summum ont
fait preuve à chacun des matchs leur a néanmoins permis de conserver tous les points
inscrits à leur fiche en éthique sportive. Peut-on en dire autant
des jeunes partisans et de tous les autres élèves qui fréquen- tent l'école
La Frontalière?
n HYPERLIEN:
n
La
Fédération québécoise du sport étudiant (FQSE)
(volet éthique sportive)
Depuis
leur entrée dans le circuit estrien, à l'automne 2007, les footballeurs juvéniles n'ont pas été en mesure de remporter une première
victoire. Or, au fil du temps, il est devenu difficile, voire tabou, de faire mention des
défaites accumulées à leur fiche. La raison en est fort
simple: les joueurs sont victimes de quolibets plus souvent qu'autrement. Ces
remarques pernicieuses provien- nent souvent d'élèves qui ne pratiquent même
pas ce sport.
Récemment, lors des matchs
présentés à domicile, il a suffi que des parents de joueurs d'équipes
adverses soient témoins de railleries lancées par des jeunes en bordure du
terrain de jeux pour qu'ils questionnent avec sévérité leur attitude:
n'appuie-t-on pas une équipe sportive, la sienne, celle qui porte fièrement
le nom et les couleurs de son école secondaire, dans la victoire comme dans la
défaite?
Nos footballeurs ont beau
montrer qu'ils gardent la tête haute tout en affirmant à ces petits
gérants d'estrades que ce ne sont pas eux qui sont dans le feu de l'action. Impossible toutefois de demeurer
insensible.
À long terme, de telles attaques finissent
par ébranler non seulement la confiance en soi, mais aussi l'esprit sportif
qui unit tous les athlètes d'une même formation.
En revanche,
lorsque l'équipe remporte plusieurs victoires - citons en exemple nos deux
équipes cadettes
de foot- ball et de soccer intérieur, édition 2008 -, les félicitations
et les marques d'encouragements fusent alors de toutes parts!
Peut-on parler d'un nouveau
phénomène? Oui, pour ainsi dire. Car le football connaît depuis ces
dernières années un essor fulgurant auprès des jeunes. Regroupant
plus de 40 joueurs, ce sport de contact leur assure donc une très
grande visibilité. D'ailleurs, les gens ont été nombreux cette année à
assister à chacune des rencontres disputées sur le site sportif de l'école
La Frontalière, de telle manière qu'il est aussi - à regret - plus facile de critiquer
l'équipe perdante.
Les jeunes ne
sont tout de même pas en reste. En effet, les adultes sont parfois
loin d'être des exemples à suivre. Dans la Ligue
nationale de hockey, en saison régulière, il suffit que les Canadiens
de Montréal perdent trois ou quatre parties consécutives et les partisans jettent
aussitôt leur fiel sur eux, lors des tribunes téléphoniques ou des débats
sportifs télévisés. Certains
répliqueront cependant avec véhémence que ces athlètes professionnels sont
grassement payés pour marquer des buts. Certes, mais dans la Ligue scolaire,
à travers une saine compétition, le sport demeure tout de même un
jeu...
Qu'en est-il des autres
disciplines sportives bien implantées depuis plusieurs années à La
Frontalière? Dans les faits, les jeunes athlètes ne vivent pas la même
réalité, puisque très peu de gens, mis à part les parents, assistent à
ces compétitions. On diffuse par la suite avec enthousiasme les résultats qui
se sont soldées par une victoire. Dans le cas contraire, on préfère taire
l'information.
L'ÉTHIQUE
SPORTIVE
Au-delà des performances à
l'état brut, il y a un autre aspect du sport que les entraîneurs tentent de
valoriser chez leurs joueurs. Il s'agit de l'éthique sportive. Elle consiste
à faire la promotion de valeurs telles que le respect de soi et des autres,
la dignité, le plaisir, l'honneur et l'esprit sportif.
À juste titre, trois formations ont obtenu la bannière de l'éthique sportive au cours de
l'année scolaire 2007-2008: basket-ball masculin (cadet),
soccer intérieur féminin (benjamin) et volley-ball féminin (cadet 1). Certaines
ont été décernées par vote des entraîneurs de toutes les équipes
participantes d'une même discipline sans toutefois avoir le droit de recommander la leur.
Bien en vue dans le secteur sportif, ces
distinctions honorifiques sont un gage de
reconnaissance très méritée.
Cette année, on pourrait
offrir sur-le-champ cette même récompense à nos footballeurs juvéniles du Summum.
À mon sens, elle est encore plus importante que celle affichant un
championnat car, dans les faits, nos gars sont en quelque sorte des modèles
à suivre pour bien d'autres équipes rivales. Par exemple, en dépit d'un score qui leur
était souvent très défavorable
alors que leurs opposants continuaient d'exécuter de beaux jeux, nos propres
athlètes, d'un geste spontané, donnaient parfois une tape sur l'épaulette ou sur le
casque du ou des joueurs adverses impliqués en signe de reconnaissance. À
cet égard, nos vétérans ont vraiment de la classe! Et ce n'est pas un fait
rarissime chez ces derniers.
De plus, lorsqu'on regarde de près le
classement dans la catégorie Juvénile AA - division 2, selon l'Association
ré- gionale du sport étudiant des Cantons-de-l'Est (ARSECE), sur les six
formations inscrites, seule, l'école La Fronta- lière de Coaticook (Le Summum)
a conservé tous ses points d'éthique sportive. Dans la première division,
aucune des sept équipes n'a réussi à faire de même.
TOUS POUR
LE SUMMUM
Tout compte fait, lorsqu'une
équipe sportive gagne, c'est phénoménal de voir l'impact qu'elle engendre
dans une société comme la nôtre. Les répercussions se font sentir jusque
dans les écoles. Par exemple, au hockey, lors des séries
éliminatoires impliquant le Canadien de Montréal au printemps dernier,
c'était l'effervescence dans notre ins- titution scolaire. Pour une
rare fois, les élèves étaient nombreux à porter avec fierté les couleurs
qui caractérisent le Tricolore, soit le bleu, le blanc et le rouge.
Pour ma part, je rêve d'un
instant semblable alors que les jeunes afficheront ce même et véritable
sentiment d'ap- partenance, mais cette fois-ci, à l'égard de leurs équipes
sportives interscolaires, tant dans la victoire que dans la défaite. Valorisés,
nos athlètes qui représentent notre école un peu partout en
Estrie sentiront qu'ils sont encou- ragés et épaulés. Lors
d'une longue séquence d'insuccès, ce sera à plus forte raison une énergie
supplémentaire, positive cette fois, qui les incitera encore à donner le meilleur d'eux-mêmes sur
le jeu. Dans un tel contexte, force est d'admettre que l'esprit d'équipe ne se vit donc pas
seulement qu'entre les joueurs, mais aussi entre eux et tous les élèves qui
étudient à l'école secondaire La Frontalière.
La grande
visibilité dont bénéficie notre équipe de football juvénile est un
phénomène relativement nouveau. Nouveau aussi dans la mesure où beaucoup d'élèves n'ont pas appris à manifester un sentiment d'appartenance, même en ces temps de mauvaise fortune pour le Summum.
Pour y arriver, l'éthique sportive passe par l'éducation. Pour cela, les
parents et l'école doivent continuer de jouer activement ce rôle auprès de
nos jeunes. n