Le samedi 25 octobre 2008

ÉDITORIAL

L'ÉTHIQUE SPORTIVE, C'EST L'AFFAIRE 

DE TOUS LES ÉLÈVES

 

Stéphane Paquette

Webmestre

À la suite d'une importante défaite, les footballeurs ju- véniles du Summum réussissent à manifester entre eux un esprit sportif qui les rassemble tous. 

Photo Stéphane Paquette

 

 

 

Inscrite depuis les deux dernières années au sein de la Ligue scolaire Juvénile AA, notre équipe de football a connu cet automne une saison fort difficile, mentalement surtout. La conduite exemplaire dont nos grands athlètes du Summum ont fait preuve à chacun des matchs leur a néanmoins permis de conserver tous les points inscrits à leur fiche en éthique sportive. Peut-on en dire autant des jeunes partisans et de tous les autres élèves qui fréquen- tent l'école La Frontalière?

n HYPERLIEN:

n La Fédération québécoise du sport étudiant (FQSE)

    (volet éthique sportive)

 

Depuis leur entrée dans le circuit estrien, à l'automne 2007, les footballeurs juvéniles n'ont pas été en mesure de remporter une première victoire. Or, au fil du temps, il est devenu difficile, voire tabou, de faire mention des défaites accumulées à leur fiche. La raison en est fort simple: les joueurs sont victimes de quolibets plus souvent qu'autrement. Ces remarques pernicieuses provien- nent souvent d'élèves qui ne pratiquent même pas ce sport.

Récemment, lors des matchs présentés à domicile, il a suffi que des parents de joueurs d'équipes adverses soient témoins de railleries lancées par des jeunes en bordure du terrain de jeux pour qu'ils questionnent avec sévérité leur attitude: n'appuie-t-on pas une équipe sportive, la sienne, celle qui porte fièrement le nom et les couleurs de son école secondaire, dans la victoire comme dans la défaite? 

Nos footballeurs ont beau montrer qu'ils gardent la tête haute tout en affirmant à ces petits gérants d'estrades que ce ne sont pas eux qui sont dans le feu de l'action. Impossible toutefois de demeurer insensible. À long terme, de telles attaques finissent par ébranler non seulement la confiance en soi, mais aussi l'esprit sportif qui unit tous les athlètes d'une même formation.

En revanche, lorsque l'équipe remporte plusieurs victoires - citons en exemple nos deux équipes cadettes de foot- ball et de soccer intérieur, édition 2008 -, les félicitations et les marques d'encouragements fusent alors de toutes parts! 

Peut-on parler d'un nouveau phénomène? Oui, pour ainsi dire. Car le football connaît depuis ces dernières années un essor fulgurant auprès des jeunes. Regroupant plus de 40 joueurs, ce sport de contact leur assure donc une très grande visibilité. D'ailleurs, les gens ont été nombreux cette année à assister à chacune des rencontres disputées sur le site sportif de l'école La Frontalière, de telle manière qu'il est aussi - à regret - plus facile de critiquer l'équipe perdante. 

L'esprit d'équipe ne se vit pas seulement qu'entre les joueurs, mais aussi entre eux et tous les élèves qui étudient à l'école La Frontalière.

Les jeunes ne sont tout de même pas en reste. En effet, les adultes sont parfois loin d'être des exemples à suivre. Dans la Ligue nationale de hockey, en saison régulière, il suffit que les Canadiens de Montréal perdent trois ou quatre parties consécutives et les partisans jettent aussitôt leur fiel sur eux, lors des tribunes téléphoniques ou des débats sportifs télévisés. Certains répliqueront cependant avec véhémence que ces athlètes professionnels sont grassement payés pour marquer des buts. Certes, mais dans la Ligue scolaire, à travers une saine compétition, le sport demeure tout de même un jeu...  

Qu'en est-il des autres disciplines sportives bien implantées depuis plusieurs années à La Frontalière? Dans les faits, les jeunes athlètes ne vivent pas la même réalité, puisque très peu de gens, mis à part les parents, assistent à ces compétitions. On diffuse par la suite avec enthousiasme les résultats qui se sont soldées par une victoire. Dans le cas contraire, on préfère taire l'information. 

L'ÉTHIQUE SPORTIVE

Au-delà des performances à l'état brut, il y a un autre aspect du sport que les entraîneurs tentent de valoriser chez leurs joueurs. Il s'agit de l'éthique sportive. Elle consiste à faire la promotion de valeurs telles que le respect de soi et des autres, la dignité, le plaisir, l'honneur et l'esprit sportif. 

À juste titre, trois formations ont obtenu la bannière de l'éthique sportive au cours de l'année scolaire 2007-2008: basket-ball masculin (cadet), soccer intérieur féminin (benjamin) et volley-ball féminin (cadet 1). Certaines ont été décernées par vote des entraîneurs de toutes les équipes participantes d'une même discipline sans toutefois avoir le droit de recommander la leur. Bien en vue dans le secteur sportif, ces distinctions honorifiques sont un gage de reconnaissance très méritée.

Cette année, on pourrait offrir sur-le-champ cette même récompense à nos footballeurs juvéniles du Summum. À mon sens, elle est encore plus importante que celle affichant un championnat car, dans les faits, nos gars sont en quelque sorte des modèles à suivre pour bien d'autres équipes rivales. Par exemple, en dépit d'un score qui leur était souvent très défavorable alors que leurs opposants continuaient d'exécuter de beaux jeux, nos propres athlètes, d'un geste spontané, donnaient parfois une tape sur l'épaulette ou sur le casque du ou des joueurs adverses impliqués en signe de reconnaissance. À cet égard, nos vétérans ont vraiment de la classe! Et ce n'est pas un fait rarissime chez ces derniers. 

De plus, lorsqu'on regarde de près le classement dans la catégorie Juvénile AA - division 2, selon l'Association ré- gionale du sport étudiant des Cantons-de-l'Est (ARSECE), sur les six formations inscrites, seule, l'école La Fronta- lière de Coaticook (Le Summum) a conservé tous ses points d'éthique sportive. Dans la première division, aucune des sept équipes n'a réussi à faire de même.  

TOUS POUR LE SUMMUM

Tout compte fait, lorsqu'une équipe sportive gagne, c'est phénoménal de voir l'impact qu'elle engendre dans une société comme la nôtre. Les répercussions se font sentir jusque dans les écoles. Par exemple, au hockey, lors des séries éliminatoires impliquant le Canadien de Montréal au printemps dernier, c'était l'effervescence dans notre ins- titution scolaire. Pour une rare fois, les élèves étaient nombreux à porter avec fierté les couleurs qui caractérisent le Tricolore, soit le bleu, le blanc et le rouge. 

Pour ma part, je rêve d'un instant semblable alors que les jeunes afficheront ce même et véritable sentiment d'ap- partenance, mais cette fois-ci, à l'égard de leurs équipes sportives interscolaires, tant dans la victoire que dans la défaite. Valorisés, nos athlètes qui représentent notre école un peu partout en Estrie sentiront qu'ils sont encou- ragés et épaulés. Lors d'une longue séquence d'insuccès, ce sera à plus forte raison une énergie supplémentaire, positive cette fois, qui les incitera encore à donner le meilleur d'eux-mêmes sur le jeu. Dans un tel contexte, force est d'admettre que l'esprit d'équipe ne se vit donc pas seulement qu'entre les joueurs, mais aussi entre eux et tous les élèves qui étudient à l'école secondaire La Frontalière.

La grande visibilité dont bénéficie notre équipe de football juvénile est un phénomène relativement nouveau. Nouveau aussi dans la mesure où beaucoup d'élèves n'ont pas appris à manifester un sentiment d'appartenance, même en ces temps de mauvaise fortune pour le Summum. Pour y arriver, l'éthique sportive passe par l'éducation. Pour cela, les parents et l'école doivent continuer de jouer activement ce rôle auprès de nos jeunes. n