Historique

Ouverture – septembre 1974

Nous vous proposons un bref survol de la petite histoire de l’école secondaire La Frontalière de Coaticook, rédigé par les directeurs qui se sont succédé au fil des années.

CHAPITRE I

1964 – LE RAPPORT PARENT

L’histoire des écoles secondaires polyvalentes et de la polyva- ence au cours secondaire a ses origines au Québec au début des années ’60. À ce moment, le gouvernement du Québec formait une commission royale d’enquête sur l’enseignement. En 1964, cette commission remet son rapport, le désormais célèbre rapport Parent qui, suite à la mise en application, devait révolu- tionner le système d’enseignement du Québec.

Au sujet de l’école secondaire polyvalente, on y lit ceci: «Dans une société démocratique, l’école secondaire doit répondre à tous les besoins de formation de la population adolescente. C’est pourquoi elle doit être polyvalente.»

 

Dès 1965, la Commission scolaire régionale de l’Estrie est fondée. Dans le secteur de Coaticook, un comité de planification est formé la même année. Ce comité, qui a entraîné la participation de plus de 70 personnes regroupées en 16 sous-comités s’est penché sur les différents aspects scolaires de la région: problèmes scolaires, équipement, démographie, économie, etc. Un comité régional de coordination faisait finalement la recommandation suivante: «Que la Commission scolaire prenne les dispositions nécessaires pour acquérir les deux écoles secondaires Mgr-Durand et Albert L’Heureux de Coaticook et qu’elle prévoit l’agrandissement de ces deux écoles de façon à former un campus polyvalent pouvant recevoir 2 000 élèves dès 1966.»

Toutefois, suite à la dénatalité qui se poursuivait depuis le début des années 1960, il fallut reconsidérer toutes les nouvelles prévisions de clientèle; d’un campus prévu pour 2 000 élèves, on en arriva au nombre de 1 500 élèves.

LA PREMIÈRE PELLETÉE DE TERRE

Plusieurs possibilités furent envisagées à tour de rôle en ce qui concerne la réalisation matérielle de l’école polyvalente. La première idée fut celle préconisée par le rapport Parent, à savoir plusieurs pavillons dont les deux écoles existantes feraient partie. On abandonne ensuite cette idée pour celle d’une réunification des deux écoles Mgr-Durand et Albert L’Heureux. Jugeant cette dernière possibilité peu fonctionnelle, on réalisa enfin des plans visant tout simplement à incorporer physiquement l’école Albert L’Heureux au complexe polyvalente. Tout ce brouhaha de plans qu’on avait faits, refaits, modifiés et quoi encore, fit que plusieurs années, de 1966 à 1971, s’écroulèrent… Nombreux étaient ceux qui se demandaient si jamais on verrait une polyvalente s’ériger à Coaticook…

Puis vint la date fatidique où la Régionale de l’Estrie put annoncer que le ministère de l’Éducation donnait son approbation pour la construction du complexe polyvalent. Les soumissions furent demandées le 6 octobre 1972. Suite à l’ouverture des soumissions le 13 novembre 1972, une bataille juridique s’engagea entre deux soumissionnaires, ce qui devait retarder de plusieurs mois le début des travaux. Finalement, c’est la firme Lutrand Inc. de Montréal, qui obtint et signa le contrat le 5 avril 1973. Le 11 mai de la même année, la première pelletée de terre est levée et c’est le début des travaux qui se poursuivent jusqu’en septembre 1974.

LE NOM DE NOTRE ÉCOLE EST CHOISI

Entre-temps, en mars 1974, un concours est lancé pour trouver un nom à la polyvalente. Plusieurs suggestions intéressantes sont faites de la part des parents, de professeurs et d’étudiants. À cause de sa situation géographique et des lieux de provenance d’une grande partie de ses étudiants. La Frontalière a été le nom retenu pour baptiser notre polyvalente. À ce sujet, on se doit de signaler que ce nom a été suggéré par un groupe d’étudiants en Histoire du Canada et du département des sciences humaines. Félicitations à tous ces élèves!

En terminant, disons que ce géant de béton et de fer, presque effrayant par sa taille inhumaine, est bien vivant depuis septembre 1974. Son cœur a commencé à battre, ses cellules et son cerveau sont bien nourris: il devient de plus en plus humain. Chacun croit et espère que son enfance sera des plus heureuses, gage d’une adolescence remplie de riches expériences et d’une maturité pleine de sagesse.

CHAPITRE II

LES PREMIÈRES ANNÉES À LA FRONTALIÈRE  (1974-1994)

Septembre 1974, c’est le moment de la rentrée scolaire, mais le personnel et les élèves se demandent bien quand les cours vont débuter puisque des travaux de construction se finalisent un peu partout dans l’école. Il n’est plus question de songer à l’école Mgr-Durand qui est occupée par des élèves du primaire. Il reste à attendre que l’entrepreneur général s’entende avec la commission scolaire sur une date pour la livraison de l’école.

Enfin, après quelques semaines d’attente, le grand jour est arrivé; une centaine de membres du personnel et tout près de quatorze cents élèves envahissent cette école qui porte déjà le nom de La Frontalière. Les premiers jours de classe suscitent beaucoup d’enthousiasme et d’espoir, car l’école offre des locaux et des équipement nombreux et variés.

Toutefois, le manque de matériel et les travaux qui restent à réaliser perturbent souvent le déroulement des cours. On réalise aussi que la nouvelle école ne règle pas nécessairement tous les problèmes. La file est longue à la cafétéria le midi, certains locaux semblent mal aérés et plusieurs trouvent difficile de s’adapter à la grande école. Heureusement, la collaboration de tout le monde fait en sorte que la plupart des problèmes se tassent rapidement. De plus, les locaux et les services nouveaux sont grandement appréciés: place publique, bibliothèque, piscine, ateliers pour ne nommer que ceux-là apportent beaucoup de satisfaction. Il en est de même pour les nouvelles ressources qui sont disponibles comme l’animation des loisirs, le service social, la psychologie et quelques autres qui s’ajouteront dans les années subséquentes.

Les inconvénients du départ sont en voie d’être oubliés quand de nouvelles difficultés menacent le fonctionnement de l’école. Deux défauts de construction apportent, dès les premières années, mécontentements, dérangements et inquiétudes. Les tuiles des planchers se soulèvent dans plusieurs secteurs de l’école. Ceci complique la circulation, l’entretien et la sécurité. Imaginez la situation quand vient le temps de refaire les planchers et que ceci se passe sur le temps de classe.

Comme un malheur n’arrive jamais seul, c’est bientôt la toiture qui fait des siennes. Au début, quelques flaques d’eau, mais un bon lundi matin, c’est l’inondation. En quinze ans, la toiture de La Frontalière a été refaite à trois occasions.

UNE ÉCOLE BIEN VIVANTE

  1. Avec  tous ces dérangements, on peut s’interroger sur le fonctionnement normal de l’école. Malgré tout, l’ambiance est formidable, les gens sont positifs et ils oublient ces inconvénients. La Frontalière est bien vivante. La direction, le personnel et les parents membres des comités d’école réalisent en collaboration au cours des années des projets d’encadrement, des activités de vie étudiante et un suivi des étudiants qui font la renommée de notre établissement scolaire. Voici quelques-uns des projets les plus marquants:
  • établissement de groupes stables en secondaire I;
  • projet de suivi et d’encouragement des élèves du premier cycle;
  • journée(s) de parents à l’école où ceux-ci se rendaient en classe à la place de leurs enfants;
  • journée(s) et soirée(s) de remises de bulletins et de rencontres de parents;
  • organisation d’un deuxième transport pour favoriser les activités parascolaires et la récupération.

Le personnel de l’école a aussi expérimenté différentes formules de regroupements les plus susceptibles de favoriser le travail d’équipe. Il y a eu des salles où les professeurs se regroupaient par équipes-matières ou par degré pour en arriver à un mélange des deux formules.

L’encadrement, le suivi des élèves et la qualité de la formation ont toujours été une priorité durant toutes ces années.

La Frontalière, malgré les contraintes de l’horaire et une marge restreinte dans le temps affecté, a su organiser et offrir une variété d’activités à ses élèves. Ces activités ont favorisé le développement de relations positives avec les adultes de l’école tout en favorisant des expériences enrichissantes pour les élèves.

LA FORMATION PROFESSIONNELLE

La formation professionnelle a toujours occupé une place spéciale à La Frontalière. Dès les premières années, l’éventail des options nous permettait d’accueillir un grand nombre d’élèves. Il faut dire que les critères d’acceptation étaient larges et presque inexistants, dans le cas du cheminement Professionnel-Court. Bien des gens prétendaient que cette orientation permettait aux élèves les moins motivés de se défiler d’un effort intellectuel régulier.

Comme les mêmes interrogations se posaient partout en province, une réforme de l’enseignement professionnel s’est annoncée dans les années ’80. La disparition du cheminement Professionnel-Courtet un seuil d’entrée plus exigeant en formation professionnelle ont été les principales données de cette réforme. Il faut dire que les nouveaux programmes ont été établis en collaboration avec le monde de l’industrie et les entreprises.

La réforme misant beaucoup sur la qualité de la formation et la qualité des équipements a nécessité des regroupements et a entraîné la fermeture de plusieurs options. C’est ainsi que la soudure, la couture et l’alimentation ont cessé d’être offertes à La Frontalière.

Notre milieu peut toutefois se considérer chanceux d’avoir conservé des options comme le commerce, la mécanique automobile et les autres programmes regroupés dans la formation agricole.

LA PÉDAGOGIE ET L’ORGANISATION PÉDAGOGIQUE 

Dans les premières années de La Frontalière, plusieurs pédagogues favorisaient la polyvalence dans le choix des cours, mais rapidement, les éducateurs se sont questionnés sur la capacité des jeunes du 1er cycle à faire des choix judicieux des options. Après quelques années, l’école avec l’accord des différentes composantes en est arrivée à offrir un profil plus fermé à ces élèves. Si on ajoute la formation de groupes stables à ces degrés, nous comprenons que l’encadrement et le suivi des élèves ont été grandement facilités.

Au cours des années, l’intégration des élèves en difficulté d’apprentissage a suscité de chaudes discussions. Il y a sans doute eu disparition de certaines voies, mais il demeure que La Frontalière a maintenu des cheminements adaptés pour ces élèves. Dans l’étude des cas litigieux et dans le classement, les responsables ont toujours fait en sorte de donner toutes les chances possibles à l’élève qui voulait faire des efforts.

La Frontalière et la Commission scolaire de Coaticook ne se sont jamais lancé tête perdue dans les expériences nouvelles, mais il y avait une ouverture pour réaliser des projets sérieux et vérifiés. C’est ainsi que La Frontalière a vécu des projets réussis en anglais intensif, en concentration musique et en harmonie scolaire. De plus, la collaboration avec les entreprises du milieu pour l’intégration au travail des élèves en cheminement particulier mérite une considération spéciale.

Il ne faut pas négliger les investissements importants dans le secteur de l’informatique. La collaboration de professeurs avant-gardistes a permis à notre école de prendre adéquatement ce virage technologique.

Il est difficile d’énumérer toutes les initiatives heureuses qui se sont produites au cours de ces années dans l’école, mais il est bon de mentionner les résultats prestigieux de nos élèves aux examens du ministère de l’Éducation. Une constance dans les succès démontre la qualité de la formation que se dispense dans le milieu.

Enfin, La Frontalière se démarque avec un taux de décrochage inférieur aux écoles de la grande région de l’Estrie.

UNE ÉCOLE DE TRADITIONS ET D’ESPOIR

En ces dernières années, La Frontalière ressent les difficultés et les inquiétudes vécues par les jeunes. Notre milieu n’a pas échappé à la désintégration du tissu social et à la déstructuration des familles. L’école, à tort et à raison, doit combler ou colmater les faiblesses, les erreurs et les déficiences de la société. Les parents démunis ont des attentes nombreuses envers l’école. Malheureusement, celle-ci n’a pas toujours les ressources pour répondre adéquatement aux demandes.

Malgré les nombreux problèmes, il est réconfortant de constater comment généralement les jeunes des différentes générations ont apprécié leur séjour à La Frontalière. L’école et son personnel ont été pour bien des élèves sinon un refuge, du moins une occasion de rencontrer des confidents et des amis.

La Frontalière est une institution où les traditions de qualité de formation et de qualité de vie sont bien ancrées. La discipline, la propreté, la bonne tenue et le respect font partie des valeurs à «prioriser» et à protéger. Des comités bien structurés et bien vivants garantissent que tous les groupes sont bien représentés et qu’ils ont la chance d’exprimer leurs opinions.

CHAPITRE III

LES RÉCENTES ANNÉES À LA FRONTALIÈRE  (1995-2001)

Au cours des années 1995 à 2001, nous avons amorcé un second cycle de décroissance démographique. De plus, en 1997, la formation professionnelle est passée au CRIFA (Centre régional d’initiatives et de formation agricole).

La Frontalière, à l’instar de toutes les régions du Québec, accentua sa lutte au décrochage scolaire au moment où le milieu avait un besoin pressant de main d’œuvre en 1998.

Dans la foulée de la réforme scolaire qui cognait à nos portes, le milieu entreprit un sondage et une réflexion de quinze mois qui mena à la réaffirmation ou à l’affirmation des valeurs et des principes qui guideraient La Frontalière au cours des prochaines années. En décembre 2000, le Conseil d’établissement adoptait le Projet éducatif de l’école. Il reconnaissait son passé, la continuité de ses démarches et il orienterait son avenir.

Photo: Stéphane Paquette

CHAPITRE IV   (2002 à maintenant)

(en construction)

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